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Un procès à Angoulème(1)
Le mardi 23 mars 2004, à 11h53, un avion s’écrase près de Cognac. Ses deux occupants sont tués. Des riverains proches de l’endroit ont entendu, juste avant le crash, des ratés dans le moteur. Ces témoignages ont été recueillis par les gendarmes. Dans le même temps deux messages de détresse ont été émis.
Il s’agissait d’un Epsilon de la base aérienne 709 de Cognac. A son bord l’instructeur, Christophe Farnier, membre des “Cartouche Doré”, et son élève Florian Carrière.
L’enquête menée par le BEAD-air se conclut ainsi au bout d’une cinquantaine de pages: “L’hypothèse qu’une altération de la synergie entre le moniteur et l’élève soit à l’origine de la perte de contrôle est POSSIBLE.”
Fermez le ban, toutes les autres hypothèses, météo, aviaires, techniques sont REJETEES. Nous sommes en mars 2005.
La mère de Florian Carrière n’est pas convaincue par les conclusions du rapport et dépose une plainte auprès du Procureur de la République qui classe l’affaire sans suite compte tenu des résultats de l’enquête.
Ses parents persistent, demandant à leur avocat de trouver une solution pour obtenir gain de cause. Celui-ci s’appuie donc sur un texte du Code Napoléon de 1804 et une jurisprudence de 1962. Un avion est un véhicule administratif et plaide en ce sens. Il gagne, l’Etat étant reconnu civilement responsable. Mais leur fils, aux yeux de tous, est mort d’une faute humaine, car ce jugement, qui a eu lieu à la mi-janvier de cette année, n’a rien changé en ce sens.
Certes les parents du jeune élève ont bénéficié d’indemnités ; d’ailleurs les avocats de l’Etat n’ont rien contesté, se bornant à discuter avec pingrerie le montant de la modeste somme réclamée (30.000 euros, c’est peu pour une vie). Mais tout comme les parents de ce jeune homme, que cette espèce de Modus Vivendi ne satisfait pas, cette transaction est loin de me plaire. Après la lecture d’un rapport de cinquante pages (les suivantes ont moins d’intérêt) qu’on pourrait condenser sur vingt maximum, un procureur classe un dossier sans suite sans même imaginer une seconde que ce rapport peut se tromper ou comporter des erreurs, sans même entrevoir la possibilité de demander une seconde expertise par un organisme indépendant, d’autant que les témoignages et les 2 “mayday” le contredisent quelque peu.
Car il s’agit bien de cela, sans vouloir mettre en cause les compétences des enquêteurs, le BEAD-air, quoi qu’on dise, est à la fois juge et partie, et je ne pense pas qu’il soit sain qu’un organisme à ce point dépendant d’une institution, par son financement, par sa localisation, par les hommes qui le composent et celui qui le dirige, puisse avec la rigueur qui s’impose pour de tels drames, faire une analyse totalement sereine. Tout se passant comme si le propriétaire d’une maison détruite par un incendie faisait ses propres investigations.
Pour une meilleure compréhension, je vous engage à télécharger le rapport d’enquête de cet accident. Vous le trouverez directement sous ce lien ou plus haut sous le site du BEAD-air. Pour compléter vos informations, allez également sur le site du BEA et comparez la façon dont ils mènent les enquêtes civiles. Vous pourrez juger des différences. Celles du BEAD-air paraissent sommaires.
(1)SOURCE SUD-OUEST 01.02.08
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16 février 2008
Mercredi 9 avril 2008
La date anniversaire de ce tragique événement approche. Nous savons qu’il sera difficile pour nous tous de la vivre. L’Armée de l’Air, par la voix de son chef, le général Abrial, nous avait fait parvenir un courrier en début d’année, nous précisant qu’une commémoration aurait lieu sur la base de El Gorah ce 6 mai prochain. Les familles y sont conviées et nous nous y rendrons.
Le 7 mai un recueillement est prévu sur les lieux précis du crash. Terrible moment qui nous attend. Mais cela me semblait indispensable, ne serait-ce que pour y déposer un peu de cette terre qui a vu naître nos enfants afin qu’elle se mêle à celle qui les accueillit dans leur trépas, en un geste d’union et de fraternité, car toute terre est semblable et cependant unique pour celui qui la foule et la nourrit à la sueur de son labeur, y vit et y retourne un jour.
Nous en reparlerons sans doute après notre retour, mais au-delà de nos divergences, je voudrais remercier profondément dès aujourd’hui l’Etat-Major de l’Armée de l’Air qui a compris cette nécessité pour nous et pour les camarades de ceux qui ne sont plus, de venir vers eux une ultime fois pour essayer peut-être de capter leur esprit qui s’est à jamais évanoui dans l’immensité du Sinaï.
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03/03/2009
Voici le type de film sur lequel le général Puget s’est appuyé pour étayer sa démonstration. Je pourrais vous en montrer d’autres, ils se ressemblent tous. S’il est vrai que le Twin ne vole pas à l’altitude réglementaire, il est cependant très au-dessus de la hauteur d’un camion empruntant éventuellement la route qu’il surplombe quelques instants. Mais je rappelle que c’était le genre de vol que réclamaient les observateurs américains pour avoir la possibilité de compter les chars hypothétiques ou des mouvements de troupe. Même à cette hauteur le repérage n’est pas aisé.